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La jonte et le Causse Méjean

Velo découverte > 2017
VÉLO DÉCOUVERTE 8.
LA JONTE ET LE CAUSSE MEJEAN.
Samedi 28 octobre 2017.
(98 km et 1 750 m de dénivelé).

    La température n’est pas très élevée à Ganges lorsque nous quittons la Résidence Cévenole sous la conduite prudente de Maître Gardin. Nous atteignons notre point de départ vers 8 h 30. Le minuscule village des Vanels (663 m), près de Vébron est désert, les habitants restant près de leurs cheminées, d’où s’échappent d’épais panaches de fumée. Claude, malgré mes recommandations, ne s’est pas habillé en long, Celse, plus attentif s’est vêtu comme il convenait et possède même une paire de jambières noires, qui a fait son succès dans le Pays Basque au printemps dernier auprès de « l’emakuméa » locale, il la prête à notre malavisé copain qui ne se fait pas prier pour enfiler ces étranges chausses.
Aujourd’hui encore, nous ne sommes que trois au départ, Patrick étant à court d’entraînement après un mois de hamburger ketchup arrosé de coca-cola et Jo ayant oublié son engagement pris avant sa cure de remise en forme à Balaruc-les-Bains. Tant pis pour eux et pour les autres, car cette balade sur le toit des Grands Causses ne devrait pas manquer d’intérêt. Ça caille, l’ubac est givré et le thermomètre indique 3°, comme lors de notre précédente sortie ; à l’Aigoual, l’aiguille oscillait autour du zéro. Rien pour se réchauffer car l’Auberge du Tarnon a portes closes et ce, depuis un moment, semble-t-il ? Armés de courage, nous enfourchons nos bicyclettes et prenons la direction de l’ouest/sud-ouest par la D996 qui relie Florac, à Meyrueis puis au Rozier. Elle rejoint d’abord Fraissinet-de-Fourques (721 m) en longeant le ruisseau éponyme, affluent du Tarnon, par un long faux plat ascendant avant d’entamer une rude grimpette de 5 kilomètres avec une moyenne de 6 à 7 % et un maximum de 8,60 % selon les sites spécialisés, mais davantage en consultant nos instruments de mesure
Le cadre, entre la Corniche des Cévennes et les contreforts abrupts des Grands Causses, est superbe. C’est là, mais dans l’autre sens, que Roger Rivière, le 10 juillet 1960, fit une grave chute qui le priva d’une victoire dans le Tour de France et, surtout, mit fin à une carrière prometteuse. Un monument commémore ce triste évènement sportif. Le Col de Perjuret, que nous franchissons en ordre dispersé, culmine à 1 028 m offrant un intéressant panorama. Nous abandonnons la grande départementale pour prendre à droite une petite voie sans numérotation qui longe les falaises de calcaire se hissant doucement sur le Méjean. Ce paysage austère est le plus élevé des plateaux caussenards (1 247 m au Mont Gargo), avec ses immenses étendues désertiques, il ressemble aux steppes de Mongolie, au point que les chercheurs y ont introduits le cheval de Przewalski, qui y a prospéré avant de retourner sur sa terre natale, près du désert de Gobi. Ce ne sont pas ces fameux équidés que nous croisons sur notre chemin mais un majestueux cerf aux bois impressionnants et sept biches qui traversent à vive allure deux cents mètres devant nous. Nous les regardons fuir notre présence ou celle de chasseurs puis disparaître vers le sud : image sublime ! Avant Costeguison, nous avons le Canyon de la Jonte en enfilade, puis nous virons vers le nord jusqu’à Hures-la-Parade, refuge du « takh », ce cheval jamais domestiqué par l’homme, du moins avant sa venue en terre occitane où il vit en semi-liberté. Nous continuons vers Le Buffre puis la D16 ou trans-Méjeanne qui permet aux Floracois de tailler une bavette avec les habitants des Vignes, appelés Vignois et non Vignerons. Le paysage est toujours aussi dénudé et très vallonné avec une température oscillant entre le 5° et le 7°, heureusement que le ciel est dégagé et que les rayons du soleil nous réchauffent légèrement les os.
Nous pédalons paisiblement sur cette prairie infinie, au-delà du Col de Coperlac (903 m) venant de Sainte-Enimie, négocions les dernières pentes du Col de Rieisse (946 m), qui lui descend à la Malène (452 m). Maintenant, ce sont les Gorges du Tarn que nous avons sur notre droite, avec le Roc de Serre (tiens, tiens encore lui !) et les impressionnants Rochers de Hourtous. Six ou sept km plus loin, nous arrivons au-dessus des lacets resserrés qui dégringolent sur Les Vignes (417 m) avec les ruines du Château de Blanquefort sur un piton isolé. Au hameau de La Bourgarie, nous abordons l’obstacle majeur de la journée, une côte marquée 3 chevrons sur la carte, d’environ 1 500 à 2 000 mètres qui est la principale raison du désistement de Gérard (nous l’avions descendue en 2 016) : aïe, aïe, aïe !!! Ça fait mal aux jambes, l’indication n’est pas usurpée. Au sommet (1 014 m), la vue est magnifique et je distingue en contrebas les ruines irréelles de la ferme de Volcégur où nous étions venus plusieurs fois dans les années soixante-dix, puis quatre-vingt pour découvrir la Lozère et non pour fabriquer des fromages de chèvre !
Nous téléphonons au restaurant pour réserver trois couverts puis, basculons sur un raidillon presque aussi pentu vers Saint-Pierre-des-Tripiers et plus loin en contre-haut du ravin de Rounzenas où nous sommes venus à plusieurs reprises. L’époustouflante descente sur le Truel est barrée sans que la raison ne soit affichée. Notre ex-Monsieur sécurité, pense que nous pouvons nous y engager, nous n’aurons qu’à rebrousser chemin (5 à 6 km entre 10 et 18 % et un détour de 15 kilomètres) en cas de réel empêchement. Nous nous en remettons à son expérience et à sa sagesse, puis partons à vive allure sur l’étroit ruban de goudron. Au bout d’un kilomètre, nous sommes, en effet, arrêtés par un tas de gravats et une chaussée totalement défoncée. Nous sommes samedi et heureusement personne ne travaille sur le chantier, seul un ouvrier remonte avec un gros engin, nous obligeant à mettre pied à terre sur le côté. Une nuée de vautours plane au-dessus du site, attendant, sans doute qu’un imprudent ramasse une gamelle pour améliorer l’ordinaire de la colonie ! Celse et moi, allons très doucement pour les observer et pour admirer le sublime paysage de la Jonte, tandis que Claude, emporté par sa fougue ou le poids de son engin, disparaît dans les épingles inférieures. Nous atteignons Le Truel, les mains engourdies, à force de serrer les freins et retrouvons notre pote devant le panneau interdisant à tous véhicules de s’engager sur ce tronçon.
Le soleil plus généreux et l’altitude moindre ont radouci l’air, aussi la température flirte-t-elle avec les normales saisonnières autour de 16°, nous nous laissons glisser au fond des gorges jusqu’aux Douzes (495 m) tout en profitant de la majesté du lieu.
Nous avons eu raison de prévenir la réception car une « busée » de touristes et plusieurs voitures sont garées devant l’auberge, la salle est pleine. Nous faisons un bon repas, légèrement moins bien qu’en juillet dernier, peut-être parce qu’il n’y a plus l’effet de surprise et traînons un peu à table en dégustant notre café, aujourd’hui, sans le petit verre de gnole du patron
Une fois encore, nous serions bien restés car dans cette partie encaissée des gorges, les zones ombragées sont carrément froides. À 14 h 50, nous nous décidons tout de même. Quatorze kilomètres d’un faux plat montant nous séparent de Meyrueis (712 m d’altitude et 220 m de dénivelé) dans un paysage qu’on ne se lasse pas de contempler. Peu après la sortie de la ville, nous entamons l’ultime difficulté du jour : l’ascension du Col de Perjuret sur sa face occidentale (11,200 km et 324 m de dénivellation) via Salvinsac et Gatuzières. C’est une pente douce, majoritairement entre 2 et 4 % ne dépassant guère les 5 à 6 % dans un magnifique cadre, que même les moins attentifs et les plus fatigués ne pourraient manquer, sauf notre Claudius qui a enclenché le turbo ! La descente sur Fraissinet-de-Fourques nous prouve que l’ascension de ce matin n’était pas des plus faciles. La fraîcheur se fait de plus en plus sentir près du ruisseau de Fraissinet puis vers le Tarnon, aussi regagnons-nous rapidement le parking municipal, toujours aussi dépeuplé. En quelques instants, nous avons tout rangé dans la voiture, Claude a enlevé ses bas noirs ne voulant pas se présenter accoutré d’atours équivoques à Nicole. Sur le chemin du retour, nous avons le bonheur de surprendre un superbe renard en maraude dans un pré. Belle image pour clore cette vadrouille presqu’hivernale, la dernière de 2017.
cc-gangeois@ffct.org
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