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Borne en Ardèche

Velo découverte > 2017
VELO DECOUVERTE
Borne en Ardèche.
(Mardi 30 mai 2017).
121 Km - 2450 m

Patrick, Claude, Joseph, Jacques, Gérard et Joël sont au rendez-vous à 6 h 30, Celse a décliné l’invitation, son patron n’ayant pas voulu lui accorder sa RTT et son dos le faisant souffrir, il a préféré le ménager en vue de la future sortie à Buis-les-Baronnies. Nous arrivons un peu après 9 h 00 à Chambonas, près des Vans en Ardèche où le temps s’avère meilleur que celui annoncé par la météo.


Ce village compte plusieurs monuments de belles factures, parmi lesquels un château, une église romano gothique, un pont médiéval, de vieilles demeures en pierre, mais aussi le Musée vivant du cochon, il est traversé par le Chassezac, affluent de l’Ardèche dans laquelle il se jette quelques kilomètres en aval après avoir creusé de belles gorges dans le massif de calcaire. Située à 158 mètres d’altitude, au pied des Cévennes orientales, notre balade ne pouvait commencer que par une montée.
À la sortie de l’agglomération, la D10 annonce la couleur par deux ou trois tronçons brefs et pentus dépassant 10 à 12 % puis s’assagit en pénétrant dans la forêt de pins mais s’élève inexorablement pendant une bonne quinzaine de km jusqu’à l’Auberge de Peyre et plus loin, les Cols de la Croix Blanche (860 m) et de l’Echelette (845 m). Nous parvenons sur un plateau dégagé avec une vue panoramique sur la région et au-delà vers les Pré-alpes mais la route monte toujours. Au lieu-dit La Borie (976 m), nous bifurquons à gauche en direction de Montsélgues sur la D304, toujours positive et pénétrons sur la place du village (1 025 m) avec son étonnante église romane du XIIe siècle, inscrite au titre des Monuments Historiques depuis 1935. C’est dans ce joli édifice que notre ami Joël convola en justes noces au siècle dernier avec une fille du pays. La route suit la croupe, au milieu des genêts et des bruyères, jusqu’au Serre de Teste Rouge et nous passons devant la maison d’enfance de Madame, aujourd’hui inhabitée mais conservée comme lieu de rencontre de la famille Louche et fratries.
Elle continue, plein nord, puis redescend doucement vers Pradon avant de dévaler sur le versant abrupt du vallon resserré où coule le Chamier qui rejoint la Borne près du pont Charlemagne. Un sérieux raidillon nous permet de sortir de ce profond ravin et de rejoindre le hameau des Baumes en Lozère et la D151 qui gravit doucement mais sûrement un massif forestier, autrefois appelé Province de Régordane, jusqu’à La Bastide-Puylaurent. Il est maintenant midi trente et 17 km nous séparent du premier restaurant, autant dire que le déjeuner est compromis.
Claudius, mariée à une femme prévoyante, mangerait bien le sandwich qu’elle lui a préparé mais comme il est le seul, il se résigne, à contrecœur, à le garder pour plus tard.


Les plus gaillards, Joël et Jacky, partent en estafette pour réserver une table dans la foulée de notre doyen qui a embrayé sans écouter les consignes. La départementale suit le cours impétueux de la Borne et sa longue retenue d’eau dans la forêt domaniale de Roujanel avec, quelquefois une trouée dans la frondaison permettant d’admirer un magnifique panorama sur le Massif de Pratauberat et la Montagne du Tanargue. Vers 13 h 30, nous sommes au carrefour du Pradillou (1 053 m) où nous attend notre Vaeiste, nous descendons ensemble dans le bourg où le premier restaurant vient juste d’enlever sa carte, daignant à peine nous répondre, le second, heureusement accepte de nous recevoir et d’attendre un peu que nos compagnons arrivent, ce qui ne tarde pas d’ailleurs. L’Hôtel des Genêts est un établissement un peu désuet mais nous y prenons un repas correct, du moins ceux qui ont choisi la tête de veau sauce gribiche, car la côte de porc est assez sèche.
Pour la petite histoire, c’est chez le confrère en face que Jo fit plusieurs stages dans la restauration pendant son adolescence, manifestement on n’y enseignait pas l’amabilité, aussi, le Petit Laurenier eut-il raison de parfaire son apprentissage dans ce domaine auprès d’autres confrères ?

Vers 15 h 00, nous sortons de table et filons sur la D906 dans le sillage d’un Gégé, régénéré non par du lion mais par un plateau de fromages secs et un café corsé, en direction de Langogne entre la ligne de chemin de fer Nîmes/Clermont-Ferrand et l’Allier qui prend sa source en Margeride, non loin de là. Sans doute se sent-il mieux : la campagne est bucolique, le revêtement est parfait, le vent est favorable et le pourcentage nul, toutes les conditions pour rendre un Gérard heureux d’en découdre, mais il oublie que, si nous avons déjà 1 600 mètres sur nos GPS pour une cinquantaine de kilomètres, il en reste 800 et pas les plus faciles !
À l’entrée de Luc, où Jacques, enfant, taquinait le goujon, nous quittons la grande route pour une moins importante, en direction de Saint-Etienne-de-Lugdarés, commune où la première victime de la Bête du Gévaudan fut déclarée, le 30 juin 1764. Nous suivons le cours agité de la rivière Masméjean jusqu’au lieu-dit Gaselle à 1 040 m où nous virons sur une voie étroite qui monte fort vers le Col de Pratazanier (1 226 m), nous y faisons un stop pour admirer le somptueux paysage qui s’offre à nous, fait d’un enchevêtrement de monts, de collines, de pitons rocheux, de falaises impressionnantes, de vallées profondes, de gorges escarpées, de plateaux fleuris où la vedette est la Borne, prétexte majeur de cette sortie. La rivière qui prend sa source sur les montagnes du versant opposé, a creusé un surprenant sillon dans ce relief accidenté.

Le village ancien qui porte son nom est établi sur un mamelon dominant son lit jonché de rochers et de galets, une tour médiévale, adossée à la paroi, devait servir de refuge et de poste d’observation. De l’autre côté, on aperçoit l’échancrure sur la crête que nous devrons franchir tout à l’heure, c’est hallucinant, Patrick est tout retourné ! La descente sinueuse est un régal pour les yeux et nous l’abordons tranquillement, jusqu’au pont qui enjambe le cours d’eau où nous faisons de nouveau halte, sauf Jo, qui a préféré prendre de l’avance. Gérard a le regard des mauvais jours, car, il sait que l’ascension sur l’autre face sera terrible. Elle est Inscrite dans les différents itinéraires proposés par l’Ardéchoise, des panneaux précisant la distance, l’altitude, les pourcentages moyens et maximums jalonnent le tracé : 4,5 km, 7,5 % avec max de 11,5 % sur le premier si je me souviens bien. Claude s’est élancé à la chasse au Casile, tandis que Joël suit à un rythme régulier, de mon côté, je fais l’élastique.
Nous terminerons en réalité tous les quatre au croisement de Loubaresse (1 211 m), 2 km après le col de la Croix de Toutes Aures (1 199 m) et légèrement plus élevé, Jacques et Patrick arrivent peu de temps après, mais de Gégé, point ?
Je redoute le pire, car on ne le voit même pas sur les coteaux dégagés des collines. Il nous appelle au téléphone, s’inquiétant de ne voir personne vers le panneau, il se demande où nous sommes, bien qu’il n’y ait que deux options, continuer ou redescendre : la fatigue et la raréfaction de l’oxygène sans doute ? Je vais encore me faire appeler Arthur ! Mais non, il rapplique en plaisantant, seulement étonné que nous l’ayons attendu au carrefour plutôt que sous la pancarte.

La route descend ensuite vers le pont de Bournet et remonte aussitôt à la Croix de la Femme Morte (1 180 m) avant de pénétrer dans la forêt domaniale du Chap Del Bosc par une courte montée, là, nous rejoignons la D4 qui nous ramène vers La Borie et le parcours emprunté à l’aller, appelé la Corniche du Vivarais avec des vues saisissantes à 360°, en descente avec vent dans le dos : le bonheur ! Plus bas nous retrouvons l’Auberge de la Peyre et nous bifurquons à gauche sur une variante superbe, bien plus pittoresque que la montée, qui dévale en une vingtaine de kilomètres vers Saint-Jean-de-Pourcharesse, Saint-Pierre-le-Déchausselat, Seyras, Les Sielves et enfin Chambonas.
Il est environ 19 h 00 lorsque nous mettons pied à terre après 121 km et 2 450 m de dénivellation. Nous téléphonons à nos épouses pour les rassurer sur notre sort : nous avons échappé aux griffes et aux crocs du serial killer du Gévaudan ! Gérard a, de plus, retrouvé gaité et badinage, nous gratifiant de quelques bonnes blagues. Cette escapade sera une excellente mise en condition pour les candidats au Ventoux, début juin, et aux Dolomites, en septembre, un retour aux sources pour d’autres et un mauvais souvenir pour Gégé, qui, je l’espère, s’estompera rapidement, peut-être aurait il dû m’écouter en évitant la boucle aller et retour de la Peyre (35 km et 750 m de dénivelé) ?

cc-gangeois@ffct.org
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