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Caroux/Espinouse

Velo découverte > 2018
Montagne du Caroux et de l’Espinouse.
(Samedi 30 juin 2018).
(102 km et 1 500 m de dénivelée).
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Claude, Laurent, Joseph, Celse, Patrick et Jacky

    Le départ est donné pour une nouvelle virée dans le Caroux, sur le papier de 125 km et 1920 m de dénivelée, approximativement. Cette fois-ci, Patrick n’a pas déclaré forfait, il attend ce moment depuis deux ou trois ans, et affiche une belle forme. C’est un peu pour lui que nous sommes ici, aujourd’hui.  Embarqué avec l’ami Jo dans une antique camionnette qui brinquebale et couine, on pourrait les prendre pour des manouches en maraude, fort heureusement, leurs uniformes jaune et bleu, rassurent promeneurs et habitants !


C’est maintenant une tradition, nos balades débutent toujours par un café, cette fois-ci, à l’Auberge du Caroux dans le gentil et très animé village de Mons-la-Trivalle, niché au pied de la montagne, objet de notre découverte du jour.






Vers 9 h 30, alors que le soleil commence à chauffer nos vieilles carcasses, nous enfourchons nos bicyclettes pour un bref détour vers l’impressionnante brèche qui s’ouvre sur le Caroux appelée « Gorges de l’Héric », qui, par sa morphologie fait penser à la Corse mais non par la nature des roches qui est différente, gneiss ici et granite dans l’île de Beauté. Ce site somptueux, bien connu des randonneurs régionaux, l’est beaucoup moins des cyclistes, peut-être parce qu’il n’y a pas de chemin carrossable pour accéder à sa crête et qu’il se trouve à plus de quinze lieues de Ganges, le bout du monde pour un cévenol ?
De retour vers la gare désaffectée, nous empruntons la Passa-Païs, reliant Bédarieux à Mazamet sur 76 km. Elle a été aménagée sur l’ancienne voie ferrée reliant les deux cités et non goudronnée au grand dam de nos amis pointilleux sur l’éclat de leur machine, où chaque tour de roue soulève une fine poussière qui vient se déposer sur tubes, jantes et pédaliers. Elle suit en aval le cours de l’Orb et ici, celui de son affluent, le Jaur, dans un écrin de verdure fort rafraîchissant, seuls les passages sur les ponts et les viaducs, nous permettent d’admirer les contreforts escarpés du Caroux. Nous traversons ainsi Olargues, Saint-Etienne-d’Albangon, Prémian, Riols et enfin la ville animée, en ce jour de marché, de Saint-Pons-de-Thomières sans que frémissent les aiguilles de nos altimètres, sauf sur un très sérieux raidillon contournant un mamelon rocheux dans la dernière portion. Cette tranquille mise en jambes d’une trentaine de kilomètres va nous permettre d’appréhender, échauffés, le redouté et raide col de Cabaretou (941 m).
Chacun l’aborde selon ses moyens, d’abord Claude qui semble survoler les lacets de la D907, puis Laurent et Patrick qui vont bon train, car je ne peux pas les suivre, enfin, derrière Celse et Joseph qui se sont arrêtés, non pour admirer les jolis paysages environnants mais pour se dévêtir car il fait chaud, tout en restant décents, bien entendu ! Ayant loupé la bifurcation avec la D55 vers la combe de Jouzet, nous filons, c’est un terme exagéré pour l’instant, vers le sommet alors que notre Président a lâché prise laissant notre grimpeur « maison » s’envoler vers les cimes. Nous nous regroupons sous le panneau, attendant Patrick qui commence toujours plus vite une ascension qu’il ne la termine. Jo, qui a forcé dans la montée et qui s’inquiétait de l’heure, aimerait bien réduire la distance pour n’avoir qu’une quarantaine de km après le casse-croûte. Nous décidons donc d’éviter La Salvetat, soit presque vingt km et environ quatre cents mètres de dénivelé en moins pour rejoindre directement Fraïsse-sur-Agout par la pittoresque D169, dite route des lacs. Elle s’enfonce dans la forêt du Somail sur le plateau du même nom jusqu’au tranquille col de la Bane (1 003 m), du moins sur ce versant, puis, bascule par un bel enchaînement de virages, parfois pentus, dans la vallée de l’Agout via le col de Triby (829 m) au travers de prairies étagées et de forêt profondes. Fraïsse-sur-Agout (763 m), réputée dans la région pour sa tranquillité, sa douceur de vivre, ses eaux claires et ses fleurs innombrables nous accueille alors que le soleil est au zénith et qu’en conséquence ça gargouille chez certains d’entre nous.



Il existe deux restaurants dans cette modeste localité, le Touy et l’Auberge de l’Espinouse, nous optons pour la seconde, plus pompeuse et assez surprenante où nous commandons une assiette provençale, pas de dessert (tant pis pour les gourmands) et un café du Brésil, servi par un personnel cariocas !
Nous reprenons notre périple dans une campagne très vallonnée, au milieu des prés où paissent de plantureuses vaches, il nous conduit au col de Fontfroide (973 m) : 210 m de dénivellation en à peine quatre kilomètres, pas trop méchant mais assez pour contrarier un estomac délicat, fort heureusement la chaleur est atténuée par l’altitude et un gentil vent arrière. Au carrefour, nous laissons à droite la magistrale descente, empruntée dans les deux sens en 2017 et 2016, conduisant en 12 km à Olargues, pour suivre la D4 dans le vallon du Lacout jusqu’au charmant village de Cambon (876 m) qui s’étale sur les rives verdoyantes de l’Agout. Nous y remplissons nos bidons et jetons un coup d’œil aux jolis aménagements qui bordent cette magnifique rivière aux eaux limpides et vives.
Nous sommes maintenant dans le massif boisé de l’Espinouse et la pente s’accentue doucement mais sûrement vers Agoudet (938 m), Salvergues (976 m) et enfin au col de l’Espinouse (1 119 m), à deux pas des sources de la ci-dessus nommée et du toit de l’Hérault qui culmine à 1 124 m. Nous faisons une courte pause puis continuons notre équipée sur le plateau couvert tantôt d’une lande où dominent la bruyère et la fougère, tantôt de tourbières, tantôt de zones boisées, alternant feuillus et conifères. On aperçoit au loin et dans toutes les directions un relief très tourmenté que l’on aborde après quelques coups de pédale. Vers la Pas de la Lauze (975 m), nous pénétrons dans un monde sauvage où les mamelons s’enchevêtrent, les vallées s’encaissent et les sommets se parent d’impressionnantes masses rocheuses aux formes parfois tarabiscotées. La route monte dure, dégringole de la même manière puis remonte vers le fameux col de l’Ourtigas (987 m) où un belvédère nous offre un panorama à couper le souffle, ce secteur est le domaine du mouflon corse et de grandes parcelles du parc lui sont exclusivement réservées. Nous nous arrêtons à plusieurs reprises pour admirer ce somptueux décor ; Jo est surpris de découvrir un si joli et si différent paysage dans la région où il a pourtant vécu toute sa vie !
Après le rude Cabaretou et les nombreuses côtes qui nous ont menés là, il nous reste une succession de cols à franchir pour rejoindre la vallée de l’Orb à Lamalou-les-Bains : Col des Avels (809 m), le hameau de Rosis (757 m), Col de Madale (692 m), Col de Pierre Plantée (509 m), village de l’Horte (239 m) et enfin la station thermale (172 m). Ce n’est en fait qu’une descente longue d’une vingtaine de kilomètres avec vue panoramique sur le flanc oriental du Parc du Haut Languedoc où la chaleur va crescendo. La traversée de la ville semble interminable et plutôt déprimante, par contre, les gens qui déambulent dans les rues ne semblent pas tous concernés par la rhumatologie ou la neurologie, ce pourquoi ces thermes ont été créées : venir ici en bonne santé conduirait au mieux à une neurasthénie gratinée ! Nous rejoignons la Voie Verte, sa poussière volatile et son ombre bienveillante pour les 13 derniers km avec, au passage, un aperçu sur la grandiose gorge de la Colombières.
À 16 h 30, nous retrouvons nos véhicules garés sous les platanes, chargeons nos vélos dans le vieux fourgon de Jo et allons prendre un rafraîchissement à la terrasse du café, envahie par une foule de supporters excités et braillards : la France, du moins un quarteron de gugusses affublés d’un maillot tricolore affronte un homologue sud-américain pour un enjeu mondial. « Panem et circenses» écrivait le poète satirique, Juvénal à la fin du 1er siècle de notre ère, à une époque où n’existait pas le football, c’est encore d’actualité ! Je n’épiloguerai pas davantage car j’ai cru comprendre qu’une large majorité des gens suit ces événements avec passion et je risque de passer pour un demeuré.

Le Bourguignon bougon
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