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montagne du Bougès

Velo découverte > 2017
VELO DECOUVERTE 5.
La Montagne du Bougès
(95 km et 1 850 m de dénivelé).
Dimanche 30 juillet 2017.

Celse et Claude ont répondu présents pour cette incursion au cœur des Cévennes, et surprise, l’ami Gégé aussi ! Nous démarrons vers 6 h 45 en direction de Saint-Jean-du-Gard puis le long du Gardon de Mialet vers Saint-Etienne-Vallée-Française, ensuite vers Saint-Germain-de-Calberte. Gérard émerveillé par la beauté du secteur, songe revenir y pédaler : circuler en voiture ne donne pas l’impression que la route monte depuis un bon moment, à voir ? Une heure et demi est nécessaire pour rallier notre point de rendez-vous où nous devrions retrouver Christelle et Jean-Luc.
Saint-Germain-de-Calberte (503 m) est une commune dynamique au cœur du Parc des Cévennes et sur le Chemin de Stevenson. Elle compte plusieurs commerces et gîtes, c’est dans l’un de ces derniers, le Recantou, que Celse nous conduit pour boire un café. Le patron est très aimable mais indolent, à l’image de sa chienne qui se pavane sur la terrasse, en attente d’un sucre ou d’une caresse que lui prodigue Gérard avec bienveillance, pas au proprio, bien sûr, mais au clebs !
Jean-Luc annonce l’heure du départ, en même temps que la cloche de l’église ou du temple, il y a les deux, ici. Nous filons sur la D984 qui se hisse subrepticement dans les vallons boisés où coulent un Gardon alimenté par ses multiples tributaires jusqu’à Saint-André-de-Lancyre (690 m), charmant village restauré au confluent de plusieurs cours d’eau. Sa célébrité est ailleurs, dans son passé car elle fut à l’origine de la Guerre des Camisards, le 22 juillet 1702.
Plus de révolté dans cet ancien canton du Gévaudan, sinon un Gégé qui maugrée contre cette interminable pente qui n’en finit plus, s’arrêtant, enfin, à la cote 783. Nous croisons l’étroite D29 qui dégringole en de nombreux lacets serrés sur l’abyssale vallée du Gardon d’Alès et l’impeccable RN 109 (506 m). Dans un pays aussi tourmenté que celui-ci, une descente ne saurait être prolongée que par une montée et c’est dans les bois de Saint-Frézal, nous abritant des rayons du soleil, que nous mettons tout à gauche. Claude est devant, accompagné par Christelle et Jean-Luc qui se dandine sur sa selle pour suivre le train soutenu du Vateiste, je chemine tranquillement en compagnie de Celse, tirant parti au maximum des panoramas que nous offrent les trouées dans la frondaison. Gérard est derrière, il pédale à son rythme, profitant lui aussi de ce beau spectacle, ce qui n’est peut-être pas le cas de nos trois lascars qui ont disparu des écrans-radars dès les premières courbes. Au carrefour D29/D35, nous sortons de la forêt et découvrons un impressionnant paysage avec au nord les Monts Lozère, dénudés sur la croupe mais largement boisés sur les flancs sauf aux alentours du village de Vialas blotti au pied de gigantesques falaises de granite et, à l’ouest, la Montagne du Bougès, thème central de cette virée. La départementale épouse le relief des crêtes jusqu’à la Croix de Berthel (1 088 m), via les cols de Chalsio (997 m), de la Baraquette (996 m) et de la Crouzette (1 022 m) dans une progression légèrement ascendante. En fait, hormis la plongée sur la Nationale, nous n’avons fait que monter depuis le départ, les GPS annonçant déjà 900 m. Une belle route sinueuse rejoint le piedmont du mastodonte lozérien (1 699 m) puis le Tarn qui prend sa source quelque part à l’est du Pic de Finiels à 1 600 mètres d’altitude. Avec ses 380 km, il est l’une des plus longues rivières de France, ce qui est difficile à imaginer, vu le niveau de l’eau, actuellement.
Un peu avant midi, nous faisons notre entrée dans le Pont-de-Montvert, envahi par une foule de touristes et de joyeux bambocheurs, car en cette fin de juillet, la fête votive bat son plein. Cette agréable cité est l’une des principales étapes du GR 70, autrefois sentier parcouru par Modestine, ânesse bilingue, accompagnée de son pérégrin écossais venu oublier un amour impossible entre le Puy-en-Velay et Saint-Jean-du-Gard. Le monde est partout, dans les rues, sur les berges aménagées, aux terrasses des cafés, à l’office du tourisme, devant la boulangerie, dans toutes les boutiques de produits locaux et de souvenirs. Les restaurants ne sont pas encore assaillis, bien qu’il soit 12 h 00, preuve que seul le Cévenol possède une alarme branchée sur l’épigastre qui vibre lorsque l’astre solaire est au zénith ! Nous choisissons notre table à l’intérieur de l’Auberge des Cévennes, quasi déserte, après avoir remisé nos vélos dans un magasin sécurisé où est entreposé de matériel de ski. Le repas est très correct mais loin de valoir celui des Douzes dans le Canyon de la Jonte. Lorsque nous quittons l’établissement, la salle est pleine et des clients se pressent à la porte.
La D20 s’enfonce dans le vallon boisé du Martinel, quasiment à sec,  s’élevant doucement sur le versant nord-ouest de la Montagne du Bougès couverte d’une magnifique forêt dont l’ombre bienfaitrice nous fait oublier les ardeurs de la canicule. La pente s’accentue aux abords du Col du Sapet (1 080 m) où nous sortons du bois sur l’immense croupe qui se prolonge vers l’est jusqu’au Signal du Bougès, point culminant de ce massif (1 421 m). Un panorama remarquable à 180° s’offre à nos yeux avec du couchant au levant, les Causses Sauveterre, Méjean et Noir, le Mont Aigoual, les sommets vers l’Asclier, la région d’Alès et surtout, ce qui interpelle Gérard, la profonde vallée de la Mimente à nos pieds qui nous séparent du versant opposé : émerveillé mais réaliste le gars Dufroy ! Lui ayant « vendu » cette balade pour 1 500/1 550 mètres de dénivelé, nous en sommes déjà à plus de 1 300 et encore à 40 km du but, il s’inquiète à juste titre de mes notions élémentaires de calcul ! En attendant, nous allons profiter d’une enivrante descente, totalement dégagée sur les flancs fleuris des montagnes, jusqu’à Saint-Julien-d’Arpaon, dominé par les ruines de son château du XIIIe siècle. La voie est vertigineuse, étroite, très sinueuse mais en assez bon état, parfois empruntée par les moutons qui broutent l’herbe des bas-côtés.
Nous nous regroupons au stop sur la RN que nous suivons sur 4 à 500 mètres. La section qui rattrape le Col de l’Houmenet (902 m) est fortement pentue et souvent exposée aux rayons brûlants de ce début d’après-midi, personne n’est vraiment facile dans cette ascension sévère de 4 ou 5 kilomètres, sauf notre vétéran, bien entendu ! La D20 traverse ensuite un grand plateau vallonné qui se termine par un brutal « coup de cul » en contrebas du long éperon rocheux qui a donné son nom au village de Barre-des-Cévennes (915 m). Ici aussi, la population est en liesse, fiesta doublée d’un vide-greniers où les deux ou trois bouquinistes dénotent un peu au milieu du fatras étalé par les brocanteurs et chiffonniers occasionnels.
Nous remplissons nos bidons à la fontaine sous le grand arbre avant de continuer notre promenade pour l’ultime étape qui contourne le massif sur sa face méditerranéenne. Gégé, qui a réglé sa selle deux ou trois centimètres plus haut, se déhanche moins sur sa bécane, peut-être aura-t-il trouvé un remède à son mal aux genoux ? Pour le moment, il se préoccupe du profil des 20 derniers kilomètres. M’étant largement planté au niveau de la dénivellation, je n’ose lui répondre, mais Jean-Luc le rassure en lui affirmant que nous aurons encore deux ou trois petites côtes (grimaces) avant d’entamer une ultime dégringolade vers le bourg calbertois. En effet, après quelques faux plats et une montée plus sérieuse au Plan de Fontmort (896 m), nous pouvons nous laisser glisser jusqu’à la ligne d’arrivée que je franchis le premier, non sans avoir profité du magnifique paysage qui nous environne. Un sprint, voilà qui ne correspond pas à l’esprit « Vélo Découverte », mais je voulais, juste, provoquer mes deux compagnons gardois qui surveillent parfois mes faits et gestes dans l’espoir de surprendre un comportement plutôt « sportif » que dilettante et curieux, que je revendique.
Il n’est guère plus de 16 h 30 lorsque nous garons nos bicyclettes, voilà qui nous autorise  un moment de détente pour boire un verre chez M. Recantou. Nous y retrouvons notre sympathique toutou étendu sous une table où est accoudé son boss en pleine discussion avec un couple de motards. Ces derniers, alsaciens d’adoption depuis de longues années nous confirment que le beau temps est souvent présent en avril dans leur province, mais qu’il peut également neiger ou geler, sans doute sont-ils Normands d’origine ? Nous prenons le chemin du retour vers 18 h 30 et Gérard constate que la route entre ici et Saint-Jean-du-Gard, est plus pentue qu’il n’y paraît, il revient donc sur son idée de venir traîner ses guêtres dans le coin, la semaine prochaine : tant pis pour moi qui pensais fouler à nouveau ces terres sauvages et préservées en sa compagnie !

Le glorieux Bourguignon
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