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Gorges de la Nesque

Velo découverte > 2018
VELO DECOUVERTE 2 018 – 1.
LES GORGES DE LA NESQUE.
Dimanche 15 avril 2 018.
(104 km et 1360 m de dénivellation).

         Vendredi soir, lors de la réunion du club, en raison d’une mauvaise météo annoncée pour la matinée et la soirée de samedi, nous décidons de reporter à dimanche notre virée dans le Vaucluse. Nicole, Claude et Joseph, tenus par des obligations dominicales, déclinent l’invitation, nous serons donc cinq pour cette première édition de Vélo Découverte 2 018, dans l’une des plus belles régions de France.
À 6 h 30, nous nous retrouvons sur le parking de la Résidence Cévenole, Claude, Patrick, Celse, Jacques et moi, chargeons nos bicyclettes et prenons la route de la PACA. La température ne dépasse pas 8° mais le temps est clair. En à peine deux heures, nous couvrons les 150 km qui nous séparent du joli village provençal de Saint-Didier aux portes de Carpentras, capitale du Comtat Venaissin. Dès potron-minet, point de joueurs de boules, ni d’aficionados des boissons anisées, juste des chalands sirotant un café, parfois un verre de blanc ou un ballon de rosé, en feuilletant le journal local ou en refaisant le Monde. Nous nous attablons sur la terrasse du « Café de Paris » et commandons un noir, avant d’enfourcher nos bécanes en direction de Vénasque. Le ciel est bleu et les rayons du soleil commencent à chauffer l’atmosphère.
Une fois n’est pas coutume, la balade débute par un profil absolument plat à travers vignobles et cerisiers en fleurs, au grand dam de Celse qui regrette que cette délicate floraison n’ait point viré au rouge. Notre itinéraire contourne la colline rocheuse où est agrippée cette majestueuse bourgade, classée parmi les plus beaux villages de France. Une barrière en travers de la chaussée nous en interdit l’accès et un signaleur nous indique qu’une course automobile se déroulera toute la journée sur le tracé du Col de Murs : aucun véhicule, même à traction humaine n’est autorisé à franchir le barrage. Ce contretemps nous aura, au moins, épargné la redoutable grimpée conduisant à cette merveille architecturale. Nous revenons sur nos pas, contrariés par le fait que nos tribulations devaient nous mener sur ce magnifique tronçon dans le courant de l’après-midi, on avisera, le moment venu.
Nous filons vers Malemort-de-Comtat, toujours dans un décor champêtre et sans difficulté, mais perturbé par les moteurs pétaradants des compétiteurs du Rallye de Vénasque, suivons la rue principale en direction de Méthamis, lui aussi perché sur un éperon rocheux avec le Mont Ventoux en toile de fond. Ce dernier est parfaitement dégagé avec son sommet blanchâtre partagé entre roche et neige. Nous bifurquons à gauche, au milieu des oliveraies, vignobles et vergers, évitons une zone en travaux et quittons Villes-sur Auzon puis la plaine sans même nous en rendre compte. À la sortie de l’agglomération, une succession d’épingles nous conduit près de la Nesque, modeste rivière de trois mètres de largeur tout au plus qui fut, dans le passé, responsable de crues dévastatrices, la dernière en 1 951 inonda le bourg de Pernes-les-Fontaine. La D942 (22 km de 285 à 739 mètres d’altitude) s’engouffre dans une vallée d’abord évasée et verdoyante avant de serpenter dans un canyon escarpé, dominée par des falaises en calcaire, les chênes verts nains du bas-côté droit ont été taillés au cordeau, tel un jardin à la française.
L’Ami Carlos, Don Quichotte défricheur, a certainement chevauché sa célèbre Rossiclette dans cette contrée, armé de sa redoutable débroussailleuse ! La pente est de 2 à 3 %, rarement au-delà de 5, nous permettant d’admirer les magnifiques paysages qui nous environnent. Des cyclistes ou vatteistes, en peloton ou solitaire, des escadrons de motards et quelques voitures profitent comme nous de ce site superbe où nous faisons plusieurs haltes pour satisfaire notre curiosité et poser pour la postérité, sous l’œil avisé, plus exactement l’objectif de Patrick et surtout de Maître Jacques. Nous franchissons plusieurs tunnels où subsistent des traces de neige et atteignons le belvédère de Castelleras, face à l’imposant Rocher de Cire lou Roucas percé de grottes et de baumes, mais aussi refuge de nombreux essaims d’abeilles sauvages, origine de son nom. Je vins y randonner en 2 008 pour visiter, accessoirement, la Chapelle Saint-Michel, construite au XIIe siècle dans l’un des abris-sous-roche, invisible d’ici. Tous les visiteurs, principalement des cyclotouristes étrangers, des biquets bardés de cuir et étiquetés « Président », Vice-Président » ou autres (une idée pour le CC Ganges) ont fait halte sur ce point que l’on pourrait qualifier de sublime. L’occupant de la ferme voisine, mi-soixante-huitard ébouriffé, mi-Tartarin en tenue léopard a lâché son camaro à quatre pattes pour épater la galerie, ce suidé a le pelage du sanglier mais le groin et le port du cochon. Il déambule au milieu des humains en quête d’une caresse ou d’une gâterie, n’hésitant pas à s’exhiber devant les photographes en mal de souvenir ! Serait-il un émissaire de l’Office du Tourisme en Vaucluse ? Peu après, à la côte 739, la route bascule vers le pays de Sault, dégringolant à flanc de colline vers Monieux, accroché aux derniers contreforts des gorges.
Nous glissons rapidement en contrebas du village sans même consulter le menu gastronomique de l’Auberge des Lavandes, que notre Nemrod de Castelleras nous a déconseillé, vu le montant faramineux de l’addition, auquel il faudrait s’attendre. Nous poussons jusqu’à Sault (12 km A & R et 150 mètres de dénivelée en plus) où le choix est plus large. Nous nous attablons sur la spacieuse terrasse du restaurant « La Promenade », face au Géant de Provence, au milieu de promeneurs, pédaleurs et motocyclistes. Le plat du jour composé d’escalope de dinde et de gratin dauphinois satisfait tout le monde sauf notre ami « lactophobe ».En aparté à ce sujet : « Le cerveau et le fromage », ce n’est pas une fable de La Fontaine mais une étude sérieuse, réalisée par les chercheurs du CNRS en octobre 2 016, pourrait apporter une réponse au manquement gustatif de notre cher Président !!!! Des frites en supplément comblerons l’inappétence de Patrick pour les produits laitiers et satisferont l’appétit glouton des autres, sauf Celse qui a choisi des nouilles et qui en est privé, à son grand désarroi : nous ne le laisserons pas sur sa faim. A la finale, le rapport qualité-prix est très correct !
    Il est tout juste 14 h 00, lorsque nous repartons vers Monieux que nous visitons au pas de charge avant de nous attaquer au dessert, je veux dire la montée conduisant au gîte de Saint-Hubert, point culminant de notre escapade vauclusienne (826 m). Ce n’est pas Gégé qui me maudit aujourd’hui mais Patrick, pour qui cette longue mais raisonnable ascension, sauf, peut-être, les premiers virages, est un peu dure dans les jambes et contrariante pour la digestion, la mienne aussi d’ailleurs, la friture me rappelant régulièrement à l’ordre. La D96 puis la D15 escaladent les versants du Plateau du Vaucluse dans une forêt très clairsemée permettant d’admirer le Mont Chauve qui, sous cet angle, semble avoir perdu une partie de sa calotte neigeuse. Claudius, qui ne force pas son talent, termine cette grimpette avec moi dans sa roue, curieux de tester mes capacités en vue du séjour prochain en Auvergne. Se succèdent ensuite, Seigneur Fontcuberta, regard haineux à mon encontre, puis Monsieur Serre, déhanché sur sa machine et enfin Sieur Jacques qui avoue avoir dépassé ses limites habituelles, fixées à 40 ou 50 km maximum : j’avais cru l’entendre dire, pendant le déjeuner, qu’il irait bien jusqu’au Chalet Reynard (1 417 m) puisque le Col de Murs est fermé à la circulation ? La route descend vers le Col de Faraud (678 m), rejoint la D15 où nous arrivons au moment où les organisateurs du rallye retirent les barrières, banderoles et balises, juste avant d’attaquer le Col de Ligne (756 m), appelé ainsi car un mur y fut érigé au XVIIIe siècle pour isoler le Comtat Venaissin de la Provence où régnait la peste. C’est encore une pente douce et pas très longue qui sinue dans un très joli environnement pour le plaisir des yeux et des mollets. Nous nous regroupons au sommet et amorçons une belle plongée à travers la garrigue jusqu’à Murs (499 m), porte du Parc Régional du Lubéron, dominé par son superbe château féodal que nous regardons du coin de l’œil, excepté Jacques qui prend le temps de le photographier. Nous remplissons nos bidons à la fontaine avant d’entamer l’ultime obstacle du circuit, difficulté à la portée de tout le monde, même d’un Gégé ronchon et anxieux : 6 km avec un pourcentage entre 3 et 6 %, dans un agréable paysage. Claude a opté pour le mode « Eco », et comme je me sens en jambe, je décide de l’accompagner le plus longtemps possible, nous revenons rapidement sur un jeune à la peine, qui, constatant la présence de deux vétérans, se voit pousser des ailes et nous emboîte le pas jusqu’au sommet (627 m) où nous attendons nos trois compagnons. Il ne reste plus qu’une descente sinueuse de 8 ou 9 kilomètres, celle-là même où les pilotes surexcités ont laissé des traces noirâtres sur le goudron et des éparpillements de gravillon dans les lacets. Le dernier tiers, réputé pour sa majesté se faufile dans un étroit défilé à couper le souffle, certains le négociant nez en l’air, mais, Patrick, à son affaire dans un tel exercice, pédale à vive allure jusqu’à Sénanque, loupant l’intersection, à peine visible, il faut le dire, du Beaucet ; tant pis, nous terminerons par la D28 comme à l’aller jusqu’à Saint-Didier, nous épargnant ainsi un sérieux raidillon de deux kilomètres (double chevrons sur la carte).
Après avoir fixé les vélos sur la voiture de notre aîné, nous allons boire un verre au même bistrotier. Il n’est pas tout à fait 17 h 00 et ce n’est pas encore le moment du Pastis sous les tonnelles, juste une pause entre le café et l’apéro. Jacques nous quitte là, pour aller embrasser sa fille à Avignon, puis nous prenons le chemin du retour, plus encombré que ce matin. Il est 20 h 00 lorsque nous arrivons à Ganges, enchantés de cette belle escapade dans le pays de la Fontaine de Vaucluse ou Vallée Close, du latin « Vallis Clausa ». Nous y reviendrons car il y a beaucoup à découvrir dans le secteur, qui, en réalité, n’est pas si éloigné que ça de notre base, pas davantage qu’un déplacement dans le Haut-Languedoc ou vers Les Monts Lozère, pourtant dans notre province!
cc-gangeois@ffct.org
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