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Pays Cathare

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                          PAYS CATHARE
                                (Du samedi 29 avril au lundi 1er mai 2017).

Samedi 29 avril : tout le monde est ponctuel au rendez-vous de 6 h 45, Claude, Nicole malgré ses soucis multiples, Suzie, Patrick, Celse, Yolande et moi. Nous chargeons rapidement nos voitures et prenons le chemin du Pays Cathare. Le trajet de 250 km est couvert en un peu plus de 2 h 30. Nous arrivons en fin de matinée au camping du Pont du Moulin d’Aliés où la responsable nous remet les clés de nos deux mobile-homes. Situé sur les berges de la rivière, l’endroit est agréable et calme car il n’y a pas encore grand monde à cette saison. Nous nous asseyons autour de la table pour casser la croûte avant de pédaler pour les hommes et de se promener pour les femmes.

Comme le veut la coutume, la balade commence par une montée, certes pas pentue mais très longue puisque nous longerons l’Aude vers l’amont du point 392 au point 1 398 en un peu moins de 40 kilomètres. Le paysage environnant est magnifique avec d’impressionnantes falaises bordant la rivière et se prolongeant vers l’aval dans le fameux défilé de Pierre-Lys, profond de 4 à 500 mètres et un enchevêtrement de crêtes vers le sud, une belle végétation tapisse les versants escarpés laissant apparaître des cimes déchiquetées.
Cette région, aux confins des Corbières calcaires annonce les Pyrénées et la haute montagne qui n’est pas au menu de ce séjour prématuré pour aborder les grands cols, d’ailleurs fermés. Nous traversons la D117, à grande circulation, reliant Perpignan à Quillan, Foix et au-delà, et empruntons la D118 dans une vallée très encaissée en direction d’Axat, petit bourg où nous étions venus lors de notre séjour à Argelès-sur-Mer en 2015. Deux ou trois km après la sortie de la ville, la chaussée se rétrécit et devient à voie unique, s’engouffrant dans les gorges de Saint-Georges où parfois, la paroi a été taillée ou creusée de tunnels pour permettre aux véhicules de circuler, il n’y a que l’eau, le parapet et l’asphalte, à peine plus d’une vingtaine de mètres de largeur. Nous jouissons sereinement de ce grandiose décor. Vers la Serre de Crimal, l’Aude reçoit les eaux de l’Aiguette et prend la direction de l’ouest dans un couloir moins abyssal, c’est de là que débutent les raids en rafting et en hydrospeed, dont je garde d’excellents et saisissants souvenirs. Le pourcentage est imperceptible jusqu’à l’usine électrique d’Usson et plus loin, la station thermale désaffectée et délabrée du même nom où Claude pense que les eaux sulfureuses feraient grand bien au bras de Nicole, mais pas à son moral, vu l’état des bâtiments.

Pour le moment, c’est Patrick qui n’est pas très en forme et nous songeons à rentrer, mais il s’obstine et après un moment de récupération, enfourche sa bicyclette. Nous reprenons doucement notre progression dans un paysage très différent, sautant du calcaire, aux formes tourmentées, au granit, à celles plus arrondies, avec une végétation où dominent les conifères, ça sent la montagne, d’ailleurs le pourcentage est plus significatif maintenant avec des portions à 7 et 8 %, voire davantage et l’apparition de plaques de neige alors que nous pénétrons dans la forêt de Carcanet, toujours au-dessus de l’Aude qui est n’est plus qu’un torrent domestiqué s’écoulant du barrage de Puyvalador, point culminant de notre virée.

Au lieu-dit La Forge, nous bifurquons à droite dans la forêt domaniale des Hares, composée, ici, essentiellement de sapins élancés pour redescendre vers Quérigut. Le bourg, niché dans un joli cirque avec au sud la chaîne enneigée des hauts sommets, est dominé par les ruines de son château médiéval. Un rayon de soleil nous incite à traînasser et à prendre un pot au premier bar venu. Il s’appelle le Donezan, sa cantinière peu aimable, nous signifie de ne point entrer dans la salle mais de nous installer sur les tables extérieures, elle a juste omis d’écrire sur sa porte « Interdit aux chiens et aux cyclistes », fort heureusement, le café et le chocolat sont convenables.
Nous remontons en selle pour rejoindre par une belle descente l’Aude, la suivre 2 km et la quitter par une étroite route, encastrée dans la falaise, s’élevant rapidement au-dessus des gorges où nous avons roulé en début d’après-midi. Le décor est remarquable et sauvage, aussi faisons-nous halte pour l’admirer pleinement avant de franchir le col des Aychides, culminant à 1 007 mètres, juste au-dessus d’Aunat et Rodome. Après un parcours sur un plateau vallonné, nous arrivons à Galinagues où la D820 nous amène dans la vallée du Rebenty par une dégringolade surprenante. Nous annulons les 12 km aller et retour qui devaient nous faire découvrir le Défilé des Adouxes sur les pentes du col de Pradelles (1 980 m) et suivons pendant 25 km le lit de la rivière ci-avant nommée avec un secteur très spectaculaire dans le Canyon de Joucou, où Patrick a recouvré la pêche et ses qualités de rouleur au grand dam de Claudius qui souffre pour rester dans les roues (93 km et 1 535 m de dénivelé). Nous retrouvons nos épouses qui sont allées se promener à Rennes-les-Châteaux et dégustons une flûte de champagne avant un dîner correct dans le restaurant envahi par une horde de randonneurs bavards et bruyants.
Dimanche 30 avril : ce matin, le temps est couvert et il ne fait pas très chaud, de plus, la météo annonce des pluies d’orage en fin d’après-midi. Nous partons en voiture jusqu’à Saint-Paul-de-Fenouillet, distante de 25 km, après un copieux petit-déjeuner au calme cette fois-ci, chargés de nos paniers repas. La randonnée débute par la très empruntée D117 traversant le Pays du Fenouillède planté de vignes et d’oliviers, jusqu’à Maury, célèbre pour ses vins doux naturels, avec à droite le piémont des Pyrénées et à gauche les Corbières. Dans le bourg, nous tournons à gauche et abordons la première difficulté du jour, le Grau de Maury, culminant à 432 m avec de courtes portions dépassant les 10 %, ce dernier marquant la limite entre les Pyrénées Orientales et l’Aude. Patrick et moi, profitons des premières cerises de l’année, pendant que Celse, drupophage impénitent mais peu observateur, fonce vers la cime, loin derrière Claude qui s’est littéralement volatilisé. Au col, nous sommes au pied du fameux château de Quéribus, posté en sentinelle sur un piton inaccessible dominant la vallée. Les filles qui ont décidé de visiter ces célèbres ruines, nous y retrouvent, avant de s’attaquer au sentier raide y conduisant. Sitôt franchi le défilé, un magnifique paysage s’offre à nous avec à flanc de montagne, face à nous, Cucugnan avec son moulin et son curé, présentement à la messe, une autre forteresse tout aussi illustre, celle de Peyrepertuse et un enchevêtrement de monts, de collines, de falaises et de pics rocheux.

Nous descendons jusqu’au village, rendu populaire par Alphonse Daudet, puis filons vers Duilhac-sous-Peyrepertuse et amorçons la difficile côte, hors programme, menant à l’éperon rocheux où a été érigée la citadelle du vertige. Le bedeau sonnant, fort à propos, les 12 coups de midi nous invite à prendre la pause et nous choisissons une plateforme dans un virage avec un décor de rêve pour avaler notre casse-croûte.
Nous décidons d’un commun accord de ne point nous éreinter sur ces lacets redoutables et de continuer notre périple, mais aussi de boire un caoua ou une tisane. Nous retournons sur nos pas pour prendre la direction du joli village de Padern, dominé, lui aussi, par son fort avant de tourner dans les modestes gorges du Torgan, puis Maisons dans le terroir AOC des Corbières, le facile Col de Couisse (507 m), Davejean partagée entre vignes et garrigue. À Termes, nichée dans un cadre majestueux à l’abri de son imposant château, nous trouvons enfin notre bistrot mais il est squatté par les invités d’un mariage, passablement éteints : tant pis ! Nous nous engouffrons ensuite dans les gorges splendides et sauvages du Terminet, puis plus loin dans celles de l’Orbieu.



Une longue grimpée nous conduit, aux heures chaudes, dans le  hameau d’Auriac, lové au pied des remparts de sa place forte quasiment détruite. Patrick, exténué par cette ascension, n’a ni vu la beauté sauvage du site ni les ruines, seulement les jolis yeux de l’aimable tenancière qui gère le Café de pays. Nous dégustons un excellent jus de pomme bio en nous informant des ressources et possibilités locales. Après une brève descente, la route remonte jusqu’au col de Redoulade à 685 m d’altitude dans un paysage presque vierge avant de basculer vers Soulatgé.
Le vent omniprésent depuis ce matin est maintenant violent et bien entendu contraire, de lourds nuages se sont amoncelés au-delà de la barrière rocheuse du Bosc del Grand Bac et loin derrière sur les montagnes où nous étions hier. Nous appuyons sur les pédales pour rallier Cubières-sur-Cinoble, au pied de la chaîne rocheuse où rien ne permet de deviner où nous allons la traverser pour regagner la vallée.




Quelques kilomètres après le village, nous sommes face au mur et se dessine devant nous la faille par laquelle nous allons rejoindre notre bercail. Le fleuve Agly a creusé un canyon qui, avec ses 500 mètres de profondeur et son étroitesse, en fait l’un des plus spectaculaires de France. Claude est ébahi, Patrick, pourtant peu démonstratif car il en a vu d’autres, est admiratif, Celse tout simplement médusé comme un gamin et moi, toujours aussi enthousiaste après plusieurs visites. La route, étroite et sinueuse, a été creusée à flanc de paroi et ne permet pas aux automobilistes de se croiser, hormis dans quelques endroits (en été, une circulation alternée est mise en place pour éviter les embouteillages insurmontables). Nous roulons au pas, profitant au maximum de ce décor sans pareil, ce qui n’est pas le cas des rares voitures qui se sont aventurées dans ce piège. À la sortie, près du parking où sont garés deux ou trois véhicules et une bande de motards, nous allons regarder la chapelle dédiée à Saint-Antoine-de-Galamus construite dans la falaise à laquelle on accède par une sente abrupte. Il faut maintenant filer car le temps est de plus en plus menaçant, du Col de Corbasse à notre arrivée, il n’y a que 4 ou 5 km que nous avalons, vent cinglant de travers, en à peine 10 minutes. La pluie, qui nous laisse le temps de charger les vélos, s’abat avec violence sur la région. Nous rentrons au bercail avant nos compagnes qui ont traîné leurs guêtres à Cucugnan après une dure grimpette à Quéribus. Elles semblent ravies, surtout Nicole qui a oublié, momentanément, ses problèmes de bras et son rhume, elle échappe, ainsi, à la cure thermale à Usson-les-Bains, promise par son prévenant époux ! Aujourd’hui, j’inscris 113 km et 1 960 m de dénivelé sur mon carnet.
Ce soir, le restaurant étant réservé pour une fête, nous avons projeté d’aller dîner en ville, du moins au restaurant « Le Rebenty », une vieille connaissance. Le patron a des origines ibériques, ce qui permet à Patrick d’entretenir son espagnol et de comprendre la composition de certains plats. Le repas est de bonne qualité et les vins de Quillan, surprenants et agréables = soirée très agréable après une journée riche en belles images.

Lundi 1er mai : fort aimablement, la direction nous a autorisés à conserver nos chalets jusqu’à ce soir car il n’y a personne derrière nous. Le temps est conforme aux prévisions météorologiques : ciel couvert, tramontane avec fortes rafales, risque d’averses orageuses, mais nous choisissons de braver les éléments et d’entreprendre une version écourtée de la troisième découverte.

 
Nous sortons du camping vers 9 h 30 et empruntons la D117, poussés par un fort vent jusqu’à Caudiés-de-Fenouillèdes via le Col Campérié (534 m). Nous bifurquons à droite sur la D9 au milieu du vignoble et des oliveraies, puis abordons d’imposants reliefs. La route monte en larges boucles, parfois pentues, à proximité des gorges de Saint-Jaumes où nous nous arrêtons pour regarder les hameaux fantômes de la Vilasse et des Nautes dominés par les ruines de leurs tours de guet, mais aussi les falaises impressionnantes qui nous en séparent. Au Col Del Mas (551 m), la départementale, presque plate, traverse une zone agricole où coule le ruisseau de Matassa, le lieu-dit Las Cabanes et le village du Vivier, qui lui aussi, possède ses fortifications, ensuite, la pente s’accentue jusqu’à Prats-de-Sournia (426 m à 620 m) dans un magnifique paysage avec la chaîne enneigée des Pyrénées Catalanes en toile de fond.
Après une enivrante descente, nous entrons dans Sournia, établie sur les rives de la Desix dans un décor spectaculaire et remontons sur la D2 jusqu’à Rabouillet, le temps d’un casse-croûte, fort goûteux avec une vue exceptionnelle. À la sortie du bourg, la route continue de monter à travers prairies en fleurs, landes verdoyantes et bosquets touffus jusqu’au Col d’Aussières (1 020 m) où Claude, plutôt que nous abriter du vent, a pris la poudre d’escampette. Il nous attend au sommet où nous arrivons en ordre dispersé, bien moins fringants que lui. La D22 bascule dans la belle vallée de la Boulzane noyée dans les forêts de feuillus et de conifères qui ont colonisé ubac et soulane.
La descente est enivrante de Montfort, Gincla, Salvezines jusqu’à Lapradelle et son légendaire Château de Puylaurens, l’un des plus prestigieux du Pays Cathare. Nous roulons à vive allure pour mettre à mal, notre tortionnaire ascensionniste, mais il s’accroche, le bougre, et ne concède, finalement, pas beaucoup de terrain lorsque nous levons le pied dans le cirque où trône l’illustre bastion que Patrick a à peine regardé, fatigué, sans doute, par tous ces vestiges du passé ! Le retour, vent dans le nez, dans le Col Campérié, n’est pas des plus aisés (70 km et 1 360 m de dénivelé).
Comme nous l’avions suggéré, hier, les filles sont allées se promener à Galamus mais n’ont pas pris le risque de s’embringuer dans les gorges en voiture, par contre, elles sont descendues jusqu’à l’ermitage sous la conduite avisée de Suzie et sont revenues sans s’égarer ! Voilà, qui fera taire les médisants qui prétendent que toutes les femmes, ou presque, se perdraient n’importe où ! Je crois qu’elles ne regrettent pas cette excursion !
Après avoir mis un peu d’ordre dans nos locations, préparé les bagages, chargé vélos et Vae, nous sommes rentrés via le Défilé de Pierre-Lys, Quillan, Limoux, Carcassonne, Béziers et ainsi de suite, satisfaits de notre séjour aux confins de l’Aude, de l’Ariège et des Pyrénées Orientales, autrement dit le Pays des châteaux cathares. Nadia nous attendait à Cazilhac pour l’apéritif.

cc-gangeois@ffct.org
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